Frise chronologique
1568
Installation des Chartreux à Toulouse
Installation des Chartreux à Toulouse
1568 (≈ 1568)
Fuite de Saïx après les guerres de Religion.
1602
Début de la construction
Début de la construction
1602 (≈ 1602)
Premières pierres posées par Jean Bordes.
1609
Effondrement du premier dôme
Effondrement du premier dôme
1609 (≈ 1609)
Reconstruit en 1610 par Sarraute et Linot.
20 mai 1612
Consécration de l'église
Consécration de l'église
20 mai 1612 (≈ 1612)
Sous le vocable de la Vierge et saint Paul ermite.
1780-1787
Rénovation du décor intérieur
Rénovation du décor intérieur
1780-1787 (≈ 1784)
Dôme en stuc, maître-autel en marbre polychrome.
1790
Suppression du couvent
Suppression du couvent
1790 (≈ 1790)
Transformation en arsenal pendant la Révolution.
1792
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1792 (≈ 1792)
Vocable changé pour saint Pierre.
2001
Dégâts après explosion AZF
Dégâts après explosion AZF
2001 (≈ 2001)
Contreforts ajoutés pour stabiliser l'édifice.
2023
Restauration du carillon
Restauration du carillon
2023 (≈ 2023)
15 cloches remises en service.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Église Saint-Pierre-des-Chartreux y compris le narthex et la galerie au nord (cad. LL 559) : classement par arrêté du 7 mai 1956 - Vestiges du cloître (cad. LL 512) : inscription par arrêté du 23 novembre 1964
Personnages clés
| Antoine Bachelier - Sculpteur |
Auteur du portail (1613). |
| François Lucas - Sculpteur toulousain |
Anges du maître-autel (1785). |
| Jean-Baptiste Julia - Artiste stuccateur |
Décor du dôme (1780-1788). |
| François Cammas - Architecte-dessinateur |
Plans du décor de la tour de croisée. |
| Artus Legoust - Sculpteur sur bois |
Boiseries de la chapelle Sainte-Croix. |
| Cardinal François de Sourdis - Consécrateur de l'église |
Cérémonie du 20 mai 1612. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre des Chartreux de Toulouse fut construite au début du XVIIe siècle par des moines chartreux chassés de Saïx (près de Castres) lors des guerres de Religion. Installés à Toulouse en 1568 grâce au soutien des capitouls et des Toulousains, ils édifièrent ce monastère atypique en milieu urbain, malgré la règle chartreuse de retrait du monde. L'église, consacrée en 1612 sous le vocable de la Vierge et saint Paul ermite, devint un lieu hybride : une nef pour les fidèles (financiers du projet) et un chœur réservé aux moines, séparés par un maître-autel biface.
Le portail, sculpté en 1613 par Antoine Bachelier, donne sur un atrium voûté servant autrefois de sas entre la ville et le couvent. Le dôme, reconstruit après son effondrement en 1609, fut embelli en 1780 par des stucs de Jean-Baptiste Julia et des anges musiciens attribués à Laurent Montreuil. Le maître-autel actuel, chef-d'œuvre de François Lucas (1785), remplace un retable aujourd'hui conservé à Roquettes. Ses marbres polychromes symbolisent les étapes de la Passion du Christ, tandis que les 62 stalles du chœur, datées du XVIIe siècle, illustrent la vie de saint Bruno et des ermites chrétiens.
La Révolution transforma le couvent en arsenal, ne laissant subsister que l'église, une partie du cloître (aujourd'hui intégré à l'Université Toulouse 1 Capitole), et l'ancienne pharmacie. Devenue paroissiale en 1792 sous le vocable de saint Pierre, l'église abritait un orgue des Jacobins (1792) et un carillon de 15 cloches, restauré en 2023. Endommagée par l'explosion de l'usine AZF en 2001, elle fut consolidée par des contreforts. Depuis 2007, elle accueille la paroisse étudiante de Toulouse, mêlant patrimoine et vie spirituelle contemporaine.
Parmi les trésors artistiques, la chapelle Sainte-Croix conserve des boiseries du XVIIe siècle sculptées par Artus Legoust, tandis que la nef des fidèles expose des tableaux comme L'Adoration des bergers de Jean-Baptiste Despax. Les fresques néo-renaissance, ajoutées après la Révolution, ornent les chapelles latérales dédiées à saint Pierre, Notre-Dame des Douleurs (avec une Pietà du XIVe siècle), ou au Sacré-Cœur. Le cloître, partiellement reconstruit, forme aujourd'hui un espace vert au cœur du campus universitaire.
L'église illustre l'adaptation des Chartreux à Toulouse, ville catholique enclave dans un Midi protestant. Son architecture reflète cette dualité : un lieu de recueillement monastique ouvert aux laïcs, grâce à des mécènes toulousains. Classée Monument Historique en 1956, elle reste un témoignage rare d'un ordre contemplatif en milieu urbain, marqué par les aléas de l'histoire (guerres de Religion, Révolution, explosions industrielles) et une résilience patrimoniale exceptionnelle.